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Récemment mis à niveau, le certificat sur les toxicomanies proposé en formation à distance par l’Université de Moncton ouvre à de nouveaux débouchés. Explications avec Jocelyn Nadeau, Directeur de la Formation continue et des Services technologiques.

Jocelyn Nadeau

Dépendance aux opioïdes, aux drogues, problèmes dus à l’abus de médicaments… Pour mieux appréhender les troubles de santé causés aujourd’hui par la consommation de substances psychoactives, les professionnels de la santé, mais aussi toutes les personnes amenées à intervenir auprès d’individus souffrant d’un problème de toxicomanie, peuvent désormais s’appuyer sur une formation actualisée. Entièrement revu en 2017 pour répondre aux enjeux actuels, ce programme proposé par l’Université de Moncton débouche sur un certificat sur les toxicomanies en adéquation avec les besoins du terrain.

« Plusieurs aspects de ce certificat, développé au début des années 2000, nécessitaient une mise à niveau, en regard de l’évolution des consommations observée ces dernières années », explique Jocelyn Nadeau, Directeur de la Formation continue et des Services technologiques. « De nouveaux produits de synthèse apparaissent chaque jour, sur un marché de plus en plus accessible, ce qui complexifie grandement le phénomène de la toxicomanie. Le certificat que nous proposons aujourd’hui a donc été repensé pour permettre à ceux qui le suivent de mieux comprendre les situations des consommateurs dans le contexte actuel, et de développer une action appropriée. Nous n’abordons pas ici les traitements cliniques, mais plutôt les méthodes d’accompagnement personnalisé de personnes à risque ou vulnérables ».

Articulée autour de 24 crédits (8 cours), cette formation privilégie des modèles d’intervention basés sur la promotion de la santé, la prévention universelle et ciblée, la réduction des risques et des méfaits, la réadaptation et la réinsertion sociale… Elle est ouverte uniquement à distance, via internet, et s’adresse en particulier

  • aux personnels diplômés en santé
  • aux étudiants des programmes de santé 
  • aux professionnels intervenant dans des services de toxicomanie, de psychiatrie, d’urgence
  • aux personnels de services sociaux et communautaires
  • aux enseignants et autres professionnels de l’éducation
  • aux personnes exerçant dans la sphère judiciaire
  • aux spécialistes des ressources humaines…

Autant de professionnels pour lesquels ce certificat sur les toxicomanies constitue, selon Jocelyn Nadeau, « un atout de développement de carrière, en raison des grandes problématiques liées à la consommation de substances psychoactives, et des coûts sociaux que celle-ci engendre ». Il ajoute : « Cette formation est également accessible aux familles, aidants et proches de personnes vivant un problème de toxicomanie, et à toutes les personnes intéressées à mieux comprendre les problèmes causés par la prise de psychotropes dans leur collectivité »
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📅 Webinaire gratuit sur les toxicomanies : État de situation et enjeux liés à la consommation de substances psychoactives (SPA) au Canada.

Le mardi 18 juin 2019, de 19 h à 20 h (heure de l’Atlantique).

Une description de cet événement est disponible ici.

Pour s’inscrire, il suffit de remplir un court formulaire en ligne.

Attention Talent - Catherine Bigonnesse, Ph. D. en gérontologie et stagiaire postdoctorale - Centre d’études du vieillissement de l’Université de Moncton

CATHERINE BIGONNESSE revu

Aura-t-on vraiment, un jour, la liberté de choisir de vieillir à domicile ? Pour Catherine Bigonnesse, Ph. D. en gérontologie, ce n’est plus qu’une question de temps : la recherche se développe dans ce domaine, et voit naître d’inspirants projets au N.-B. Pour mieux comprendre, nous l’avons suivie à Cocagne, où le projet participatif qu’elle mène avec le comité Municipalités amies des aînés depuis l’automne 2017 fait émerger des solutions innovantes et adaptées aux besoins de la communauté.

Depuis bientôt deux ans, vous menez avec le comité Municipalités amies des aînés de Cocagne un projet de recherche en faveur du vieillissement à domicile. Comment est née l’idée du projet ?

Si vieillir en résidence est un choix qui conviendra à certains aînés, il n’est pas forcément adapté à tous les publics. Une alternative réside dans le vieillissement à domicile, qui reflète d’ailleurs l’option privilégiée par une grande majorité des aînés. Or, les barrières pour y arriver sont nombreuses au Canada, en particulier en milieu rural, pour des raisons financières ou encore organisationnelles. En 2016, alors que je préparais mon projet de postdoctorat, j’ai souhaité orienter mes recherches sur les services communautaires qui pourraient être développés pour que le maintien à domicile des aînés soit davantage envisagé comme un choix simple à mettre en œuvre, que ce soit en milieu rural ou en milieu urbain, respectueux de la santé des aînés, de leurs économies et des ressources de la communauté.

Pourquoi avez-vous choisi Cocagne ?

Mon choix s’est naturellement porté sur la communauté rurale de Cocagne, connue pour être l’une des premières municipalités certifiées « Amie des aînés ». Avec l’appui de mon mentor, Suzanne Dupuis-Blanchard, titulaire de la Chaire de recherche en santé CNFS - Volet Université de Moncton, j’ai pris contact avec la présidente du comité Municipalités amies des aînés (MADA) de Cocagne. Le dynamisme du comité a fait le reste ! Nous avons lancé officiellement le projet en octobre 2017, avec le soutien financier de la Fondation de la recherche en santé du Nouveau-Brunswick et de la Chaire de recherche en santé CNFS - Volet Université de Moncton.

Quelles innovations ce projet a-t-il permis de faire émerger ?

L’un des principaux obstacles au maintien à domicile des aînés vivant en milieu rural tient au manque de services abordables (et cela va même au-delà des soins de santé). Pour qu’ils puissent avoir la liberté de vieillir chez eux le plus longtemps possible, notre projet consiste à développer un organisme communautaire qui leur offrira, par exemple, un service de transport pour qu’ils puissent se rendre à leurs rendez-vous médicaux, ou bien des services de déneigement après de grosses tempêtes. L’idée est qu’ils puissent disposer de services, coordonnés par une équipe dédiée, et assurés par des professionnels de confiance, sans que cela n’entache leur budget. Pour commencer, nous avons publié un annuaire, qui recense tous les services auxquels les habitants de Cocagne, et notamment les aînés, peuvent faire appel, près de chez eux. Mais, cela n’est qu’une partie de la solution !...

Aujourd’hui, où en est le projet ?

Nous développons à présent un modèle innovant de structure organisationnelle participative, génératrice de liens entre les générations, adaptée à leurs besoins et respectueuse de leurs contraintes. Nous nous inspirons de différentes initiatives, qui rencontrent déjà un certain succès dans le monde, comme le Beacon Hill Village aux États-Unis où les habitants versent une cotisation pour bénéficier de différents services, ou encore l’Accorderie au Québec, système où la monnaie d’échange est le temps, et non le dollar (par exemple, une heure de cours de cuisine contre une heure de jardinage). Nous sommes actuellement en phase de recherche de nouveaux financements pour concrétiser cette idée.

D’où vous vient votre intérêt pour le sujet du bien-vieillir à domicile ?

J’avais 16 ans lorsque j’ai été pour la première fois témoin de la détresse de personnes âgées, en perte de repères, dans un établissement qui ne leur était pas adapté. Ce jour-là, je me suis jurée de changer la donne, ou au moins d’y contribuer. Ce n’est que bien plus tard, pendant mes études en travail social, à l’Université de Sherbrooke que j’ai compris comment je pouvais agir, en participant au développement de solutions à grande échelle pour permettre le maintien des aînés à domicile. J’ai poursuivi mon parcours dans ce sens, d’abord en tant qu’assistante de recherche au Centre de recherche sur le vieillissement à Sherbrooke, puis en approfondissant mes connaissances grâce à mon doctorat en gérontologie à Simon Fraser University à Vancouver, et aujourd’hui, comme stagiaire postdoctorale au Centre d’études du vieillissement de l’Université de Moncton.

Quel conseil donneriez-vous à des jeunes qui souhaitent participer au développement de la recherche sur le vieillissement à domicile, et en faire une carrière ?

Au regard du vieillissement de la population, la gérontologie, et tout ce qui a trait au vieillissement à domicile, sont des disciplines d’avenir au Canada. Le champ des possibilités et des opportunités d’emploi est large pour qui a des idées et veut agir ! Travailler avec des personnes âgées requiert un certain courage, et nécessite aussi de changer ses idées préconçues par rapport à la vieillesse. Mais ce que vous leur donnerez en allant vers elles, en les écoutant et en travaillant à leurs côtés, elles vous le rendront au centuple. En choisissant de travailler en gérontologie, vous vous offrirez un parcours qui aura du sens pour vous, et pour la société. Cette plongée en humanité vaut de l’or !

Attention Talents - Marie-Annie Berthelot, Julie Philibert et Maxime Saulnier, finissants en maîtrise en gestion des services de santé à l’Université de Moncton

GSS présentationEn arrière plan, de gauche à droite, les étudiants Marie-Annie Berthelot, Maxime Saulnier et Julie Philibert. En premier plan, de gauche à droite, Gilles Lanteigne (P.-D.G. du Réseau de santé Vitalité) et Lise Lamothe (Vice-doyenne de l'École de santé publique de l'Université de Montréal)

Au terme de huit mois d’enquête sur la gouvernance du Réseau de santé Vitalité, Marie-Annie Berthelot, Julie Philibert et Maxime Saulnier, finissants en maîtrise en gestion des services de santé à l’Université de Moncton, ont présenté le 16 avril leurs conclusions aux membres du conseil d’administration du réseau. Ce rapport, dont la qualité a été saluée par Gilles Lanteigne, P.-D.G. du Réseau de santé Vitalité, servira de base de réflexion au conseil d’administration de l’organisation.

« ...nous pensons qu’il faut sensibiliser davantage la population aux rôles des membres du conseil d’administration ». - Julie Philibert

Leur projet d’étude aurait pu ne servir qu’à développer leurs propres compétences professionnelles. Mais, c’était sans compter l’intérêt porté à leurs conclusions par le conseil d’administration du Réseau de santé Vitalité. Le 5 avril, à l’occasion des Printemps de l’École des hautes études publiques (HEP), Marie-Annie Berthelot, Julie Philibert et Maxime Saulnier, étudiants du cours « Projet d'intégration » de la maîtrise en gestion des services de santé, ont présenté leur rapport portant sur les « Grands constats sur les enjeux de gouvernance d’un réseau de santé » en présence notamment de Lise Lamothe, Vice-doyenne de l’École de santé publique de l’Université de Montréal, et de Gilles Lanteigne, P.-D.G. du Réseau de santé Vitalité. Une expérience qu’ils ont renouvelée le 16 avril, cette fois-ci devant les membres du conseil d'administration du Réseau de santé Vitalité.

Dix grands constats, porteurs de « nouvelles perspectives »

« Je gage que le travail de ces trois étudiants donnera de nouvelles perspectives aux membres du C.A. ! », a salué Gilles Lanteigne, non sans une certaine admiration pour le trio, qui a réussi à mener en moins de huit mois une enquête approfondie sur le système de gouvernance du Réseau de santé Vitalité.

« La gouvernance d’une organisation est comparable au pilotage d’un bateau », a expliqué Maxime Saulnier en préambule : « Le capitaine doit faire en sorte que le cap soit maintenu, pour que les objectifs soient atteints. Reste que, dans un réseau de santé, les décisions ne sont pas prises par une seule personne, mais par différents acteurs, qui peuvent avoir des visions divergentes. Notre problématique a été la suivante : Comment, dans ce contexte, maintenir un cap, pour au final répondre aux besoins de la population ? »

En posant un regard extérieur sur le système de gouvernance du Réseau de santé Vitalité, les trois étudiants ont finalement retenu 10 grands constats, qui amènent à différentes pistes de réflexion pour améliorer le fonctionnement du système. Marie-Annie Berthelot explique : « Nous avons relevé des éléments qui pouvaient générer des pertes de temps, ou encore perturber le processus de décision. À l’inverse, nous avons aussi mis en avant des facteurs de performance majeurs ». « Par exemple, ajoute Julie Philibert, nous pensons qu’il faut sensibiliser davantage la population aux rôles des membres du conseil d’administration ».

Un tremplin vers la vie professionnelle

Pour parvenir à ces conclusions, les étudiants sont allés chercher leurs informations à la source : « Nous avons étudié les documents archivés au siège social à Bathurst, et nous nous sommes entretenus avec dix des membres du conseil d’administration », a précisé Julie Philibert.

Pour leur professeure, Stéphanie Collin, ce projet pratique de fin de programme a permis aux étudiants de s’approprier les notions qu’ils ont apprises tout au long de leurs études de 2e cycle : « De la résolution de problèmes au développement de compétences en communication, en passant par la gestion d’un projet en équipe, ils ont acquis des méthodes professionnelles et une expérience des organisations, qui les accompagneront tout au long de leur carrière ! » Julie Philibert confirme : « Avec ce projet, j’ai aiguisé mon esprit critique sur les systèmes de gouvernance. J’aimerais faire progresser les organisations, en permettant d’enrichir les réflexions de points de vue différents et des voix de la population qui ne se font pas entendre aussi bien qu’elles le devraient. J’aimerais, par exemple, donner davantage d’importance dans les débats aux sujets liés à la santé mentale… »

Bientôt diplômés, c’est donc en maître de leur propre gouvernance qu’ils posent aujourd’hui les jalons de leur avenir professionnel. À l’heure où nous écrivons ces lignes, Julie est « prête à partir à l’aventure à Toronto », Marie-Annie occupe toujours son poste de technologue en imagerie médicale (profession qu’elle exerçait jusqu’ici en parallèle de ses études), et Maxime s’est vu proposer un poste de gestionnaire en stérilisation au sein du Réseau de santé Vitalité au Centre hospitalier Restigouche.
L’avenir sourit aux étudiants qui choisiront de se former en psychologie clinique ! Non seulement la demande est grandissante, mais la profession s’apprête à faire face à des départs en retraite importants. De nouvelles opportunités s’offrent aux jeunes, pour un large choix de carrières. Explications avec Eugène A. LeBlanc, Ph. D. et coordonnateur des stages et de l’internat à l’École de psychologie de l’Université de Moncton.
Eugène

Qu’est ce que la psychologie clinique ?

La psychologie clinique, c’est la branche de la psychologie qui concerne l’évaluation et le traitement des maladies mentales, ainsi que les problèmes moins sévères de la vie humaine tels la timidité, le stress et la détresse associée aux changements de la vie. Un psychologue clinicien s’intéresse tant à la maladie qu’à la manière dont son patient « fonctionne ». En s’attachant à comprendre son patient, à décoder sa détresse, il va lui offrir une perspective nouvelle sur la vie, et ainsi l’accompagner vers un mieux-être, voire la guérison.

Comment se porte le marché de l’emploi en psychologie clinique ?

Les diplômés n’éprouvent aucune difficulté à trouver du travail dès la fin de leurs études. Des recherches montrent que 20 % la population canadienne va développer une maladie mentale au cours de sa vie ; les troubles mentaux étant de moins en moins stigmatisés, les gens osent davantage se tourner vers des spécialistes. Résultat : la demande est en constante augmentation. En parallèle, la profession fait face à une pénurie grandissante de professionnels en exercice, en particulier dans les territoires ruraux, et se prépare à une vague importante de départs à la retraite : 41 % des psychologues du Nouveau-Brunswick dépassent les 51 ans ; la plupart se retireront entre 60 et 65 ans. En 2018, les six finissants du programme de doctorat professionnel en psychologie ont tous été embauchés immédiatement à la fin de leur internat par des employeurs.

Dans quels cadres un psychologue peut-il exercer sa profession ?

Une fois leur diplôme en poche, les psychologues ont le choix ! Selon leur projet professionnel, ils peuvent exercer :
- en clinique de santé mentale et de traitement des toxicomanies
- dans les hôpitaux (en unité d’oncologie (1) ou unité de psychiatrie, par exemple)
- auprès des enfants et des adolescents, au sein des districts scolaires et des équipes enfants-jeunes
- auprès des détenus, dans les services correctionnels
- en cabinet privé…

Comment devient-on psychologue clinicien ?

Il faut d’abord obtenir un baccalauréat en psychologie (accessible en 4 ans), puis s’orienter vers un doctorat en psychologie, qui durera également 4 ans. Notez que le parcours de formation ne comprend pas de maîtrise.
Pendant ces 8 années de préparation à la profession, les étudiants suivent une quarantaine de cours en psychologie, complétés durant leur doctorat par quelque 2650 heures de stages et d’internat

Comment aidez-vous les étudiants à trouver leurs stages ?

Nous travaillons en étroit partenariat avec les milieux professionnels : nous veillons à ce que nos étudiants développent leurs compétences sur le terrain dans les meilleures conditions possibles. Chaque année, je rencontre tous les étudiants. À la lumière de leur vécu, et en tenant compte de leur mobilité géographique, de leurs compétences en langues, de leurs besoins spécifiques (liés à leur vie de famille, par exemple) et bien sûr de leur projet professionnel, je recherche pour chacun d’eux un milieu dans lequel ils pourront mettre leurs compétences en pratique, et un psychologue en exercice qui acceptera d’être leur superviseur.
Les stages sont organisés en fin d’année, du mois d’avril au mois d’août, et suivent un calendrier de thématiques en rapport avec ce que les étudiants ont appris durant l’année : en première année de doctorat, les stages aident les étudiants à mieux appréhender les situations vécues par des enfants et des adolescents ; en deuxième année sont abordés les besoins des publics adultes ; durant leur stage de troisième année, les étudiants approfondissent leurs connaissances. Ils sont alors prêts pour une quatrième année, entièrement en internat.

Comment les étudiants sont-ils accompagnés durant leur internat ?

Leurs superviseurs les suivent de près, pour qu’ils acquièrent les réflexes professionnels bien sûr, mais aussi pour assurer un service compétent à la clientèle : nous tenons à ce que nos étudiants, moyennant cette supervision, offrent un service de qualité.

Quelles qualités faut-il avoir pour exercer la profession de psychologue ?

À mes yeux, la compassion et l’empathie sont les deux qualités essentielles pour être un bon professionnel. Il faut aussi être curieux de la nature humaine, et avoir l’envie d’aider et de soulager son prochain. Le reste s’acquiert : la formation académique permet aux étudiants d’affiner leurs qualités, de développer leurs connaissances et d’aiguiser leur esprit critique.

Comment voyez-vous l’avenir de la profession ?

La profession de psychologue évolue sans cesse, portée par des recherches menées partout dans le monde, et par les progrès de la technologie. La pénurie de professionnels qui se profile – et qui, dans plusieurs régions du Nouveau-Brunswick est déjà une réalité – nous oblige à imaginer des solutions nouvelles. Grâce à la technologie, au lieu de limiter une consultation à deux heures tous les mois, on peut par exemple l’orienter vers des applications de relaxation, de monitorage du comportement, ou d’activités thérapeutiques bénéfiques ; cela permet d’étendre davantage la portée de l’intervention et ainsi de réduire la durée de la thérapie. Nous allons aussi être amenés à développer des thérapies plus brèves, en nous appuyant sur de nouvelles méthodes de travail qui permettent de cerner plus rapidement les problématiques, et les amener plus vite et tout aussi efficacement à leur résolution.



(1) Le travail d’un psychologue clinique au sein d’une unité d’oncologie peut consister, par exemple, à aider un patient et/ou sa famille à mieux transiger avec la maladie, et à fournir un accompagnement ou un soutien important.
Attention Talents – Jean-Roch Savoie, étudiantX1 en maîtrise en travail social à l’Université de Moncton

Jean Roch SAVOIE

En choisissant d’étudier en travail social à l’Université de Moncton, Jean-Roch Savoie a pu allier ses projets professionnels à son engagement personnel. En personne défenseuse de la Communauté LGBBTQ+, ol2 publiera l’année prochaine une étude précise, visant à aider les jeunes victimes de préjugés, et l’ensemble de la communauté scolaire.

« Les jeunes ne devraient pas avoir honte de leur sexualité, ou de leur diversité de genre ! On ne choisit pas d’être hétérosexuel.le lesbienne ou gay, bisexuel.le, transgenre ou queer, mais on doit pouvoir effectuer sereinement ce processus de connaissance de soi ! »

Le ton est donné. À 28 ans, Jean-Roch Savoie défend ardemment la cause LGBBTQ+. Actuellement en maîtrise en travail social à l’Université de Moncton, ol publiera au printemps 2020 les résultats de ses recherches portant sur « L’expérience des témoins et/ou des victimes de la transphobie et/ou d’homophobie, et/ou d’hétérosexisme et/ou de cisgenrisme en milieu scolaire francophone et rural du Nouveau-Brunswick ». Ol espère que ses travaux serviront de base au déploiement d’actions concrètes, qui aideront les jeunes à s’accepter et à se sentir acceptés, et qui consolideront l’inclusion scolaire.

« Pour combattre les préjugés, le soutien du milieu scolaire est essentiel ! »

« Certains préjugés sont encore bien ancrés au Nouveau-Brunswick, en particulier dans les milieux ruraux ; je suis convaincu que des solutions peuvent être trouvées, certaines avec le soutien du milieu scolaire, où les jeunes passent quasiment la moitié de leur temps et se fabriquent une grande part de leurs repères sociaux ». Disant cela, Jean-Roch Savoie s’appuie sur six années de recherche qui l’ont conduit à dresser un portrait inédit et actuel de la perception qu’ont les jeunes francophones LGBBTQ+ résidant en milieu rural au N.-B., sur leur façon de vivre leur identité sexuelle/genre, et sur le regard que leur entourage porte sur celle-ci.

Des solutions concrètes, recueillies auprès des jeunes

« J’ai choisi de donner la parole aux jeunes eux-mêmes, ce qui n’avait jamais été fait jusqu’à présent. Cela a nécessité du temps, car les adolescents ne se confient pas facilement sur des sujets aussi personnels, et souvent encore tabous, même pour eux. Mais, les témoignages que j’ai recueillis à ce jour sont très riches. Les onze jeunes que j’ai pu rencontrer, âgés de 14 à 18 ans, abordent ces questions avec beaucoup de recul, et de réflexion ; ils sont aussi forces de proposition et suggèrent des solutions aussi efficaces que simples à mettre en œuvre pour changer les regards ! »

Et Jean-Roch Savoie de dévoiler quelques-unes des pistes évoquées par les jeunes, tels qu’un meilleur accès à des informations de qualité sur la culture LGBBTQ+, ou encore un dialogue encouragé sur ces questions dès l’école primaire ! « C’est par l’information et l’inclusion, que nous pourrons vaincre l’ignorance, la stigmatisation, la haine et l’oppression ! », conclut-il.


Dans le titre LGBBTQ+ : Sigle utilisé pour désigner l’ensemble des personnes non strictement hétérosexuelles, en regroupant les Lesbiennes, les Gays, les Bispirituel.les, les Bisexuel.les, les Transgenres, les Queers…
1 ÉtudiantX : La lettre X signifie ici « identité neutre », Jean-Roch Savoie ne s’identifiant ni comme un homme, ni comme une femme
2 Ol : pronom personnel neutre (utilisé à la demande de Jean-Roch Savoie) 
Préchauffez le campus de Moncton en invitant une centaine d’étudiants en nutrition de cinq universités canadiennes. Agitez leurs méninges dans une série de défis. Ajoutez trois conférences, un zeste de gourmandises et une large dose de bonne humeur. Mélangez énergiquement et vous obtiendrez la version 2019 du MENU (Meeting des Étudiants en Nutrition à l’Université), qui s’est tenu du 15 au 17 mars. Retour sur une expérience « universi-culinaire », riche de rencontres inspirantes !

- Par Josiane Martin, Étudiante au baccalauréat ès sciences (nutrition) à l’Université de Moncton, membre du comité organisateur de MENU, et ambassadrice du CNFS – Volet Université de Moncton

Mission accomplie ! L’édition 2019 de MENU vient de s’achever sur les notes aussi piquantes que stimulantes de Catherine Lefebvre, nutritionniste et auteure de l’ouvrage « Sucre, vérités et conséquence ». Comme nous nous y attendions, sa conférence ne manquait pas de sel : « Les impacts sociaux et environnementaux de l’industrie agro-alimentaire du sucre raffiné ». Inspirant, non ? En coulisses, nous – les 10 membres du comité d’organisation du MENU de Moncton – dressons le bilan de trois jours intenses.
Chaque année, cet événement très attendu rassemble dans une ville universitaire différente une centaine d’étudiants francophones, inscrits au baccalauréat en nutrition dans cinq établissements : l’Université d’Ottawa, l’Université de Montréal, l’Université McGill, l’Université Laval et l’Université de Moncton. Celle-ci ayant été nommée pour accueillir le MENU 2019, nous avons décidé ensemble de relever le défi d’offrir aux jeunes, mais aussi aux professionnels de la nutrition, une expérience aussi intéressante qu’amusante, en concoctant un MENU monctonien… aux petits oignons ! Une belle aventure…

Apéritif : cocktails de défis ensorcelants

Durant les mois qui ont précédé l’événement, nous avons trouvé des commanditaires, organisé des collectes de dons et orchestré toutes les étapes du meeting. Pour pimenter le programme, nous avons imaginé une série de défis sur le thème du « Monde Fantastique d’Harry Potter », engageant chaque délégation à porter un nom inspiré de celui des « maisons » de Poudlard : « Algentarum », « Lupinota », « Laconia », « Saladrovum », et « Tritifel ».

MENU

Le vendredi soir, tout était fin prêt pour la cérémonie d’ouverture au bar étudiant Le Coude, sur le Campus de l’Université de Moncton ! Après la diffusion des défis vidéo enregistrés préalablement par chacune des délégations, tous les étudiants ont participé à une série de jeux. La soirée s’est achevée sur la piste de danse, au rythme de déhanchés endiablés ! Les étudiants des délégations extérieures ont ensuite regagné leurs chambres, réservées pour eux au Crowne Plaza de Moncton.

Entrée : deux conférences… au goût du jour

Le lendemain, réveil en fanfare avec deux conférences animées par des pointures de la nutrition. Sonia Blaney, professeure à l’ÉSANÉF et spécialiste de la nutrition communautaire et internationale, a partagé avec nous les expériences qu’elle a vécues dans le cadre de différents projets de recherches en Afrique et Asie. De quoi ouvrir des perspectives ! Bernard Lavallée, aussi surnommé « Le nutritionniste urbain » et connu pour être un excellent vulgarisateur dans les différents médias, s’est ensuite exprimé sur la science de la nutrition et le marketing de l’industrie agro-alimentaire. Passionnant !

Plat de résistance : des événements « Réseau »… servis sur un plateau

L’après-midi du samedi était consacrée à une séance de boot camp organisée à l’école L’Odyssée. Les différentes universités ont compétitionné les unes contre les autres lors d’une activité sportive de ballon diamant et lors d’une activité académique de style Trivia.

Les participants se sont ensuite dirigés au St-James Gate à Fox Creek pour la cérémonie de fermeture, où ils ont notamment pu rencontrer Natalie Savoie, la directrice générale des diététistes du Canada, ainsi que plusieurs diététistes de la région, invités à partager leur passion et leurs connaissances de leurs domaines respectifs lors du 5 à 7.

Dessert : une dernière conférence, avant de passer le flambeau !

C’est ainsi que, cette année encore, MENU a permis aux étudiants de partager leur passion pour la nutrition et l’alimentation, et de tisser entre eux des liens qui les suivront durant leur vie professionnelle. L’évènement leur a aussi offert une belle opportunité de rencontrer des diététistes de différents milieux et d’approfondir leurs connaissances sur diverses sphères du monde de la nutrition.

Le rendez-vous est donc pris pour l’année prochaine, à Montréal, sur le campus de l’Université McGill !
Quel est le rôle d’une infirmière ou d’un infirmier praticien? Quels sont les débouchés de cette profession au Nouveau-Brunswick? Quelles études suivre? Pour le savoir, nous avons rencontré Véronique Landry, chargée d’enseignement clinique à l’École de science infirmière de l’Université de Moncton, et sept infirmières praticiennes basées aux quatre coins de la province.

CNFS INFIRMIERES PRATICIENNES blogue
De gauche à droite : Véronique Landry, Linda Arseneault (I.P. à Dieppe), Mélanie Desjardins-Bard (I.P. à Grand-Sault), Lucy Sewell (I.P. à Caraquet), Annie Francoeur (I.P. à Edmundston), Janie Chiasson (I.P. à Val d’Amour), Martine Guignard (I.P. à Lamèque) et Thérèse Thompson (I.P. à Campbellton)

Seulement 124 infirmières et infirmiers praticiens exercent à ce jour au Nouveau-Brunswick. « Un nombre insuffisant pour combler les besoins actuels, et ceux qui se profilent », souligne Véronique Landry, chargée d’enseignement clinique à l’École de science infirmière de l’Université de Moncton. Elle explique : « De nombreux professionnels de santé partent en retraite ; en parallèle, les demandes en soins de santé grandissent et se diversifient, en lien notamment avec le vieillissement de la population. Les infirmières et infirmiers praticiens, de par l’étendue de leur expertise, auront un rôle déterminant à jouer dans le développement à venir de l’offre de services de santé au Nouveau-Brunswick. »

« Accompagner tout au long de la vie »

À la différence des infirmières et infirmiers (diplômés d’un bac), « les infirmières et infirmiers praticiens (diplômé d’une maîtrise) sont habilités à poser un diagnostic et à établir un plan de traitement », explique Lucy Sewell, infirmière praticienne depuis 7 ans, exerçant à Caraquet. À ce titre, « elles/ils peuvent accompagner le patient et sa famille tout au long du cycle de la vie, de la naissance au décès, à travers une approche tant curative que préventive », ajoute Mélanie Desjardins, infirmière praticienne à Grand-Sault. « Nous bénéficions d’une grande autonomie, tout en travaillant en collaboration avec différents professionnels », précise Janie Chiasson, infirmière praticienne à Campbellton.

Un large éventail de débouchés

Les infirmières et infirmiers praticiens peuvent ainsi se construire une carrière valorisante, que ce soit « en cliniques spécialisées, en foyers de soins, en cliniques ambulatoires, en médecine industrielle, dans les écoles, dans les prisons, auprès de personnes souffrant de troubles de la santé mentale… Les débouchés sont variés ! », note Linda Arseneault, infirmière praticienne à Dieppe. « Dans les milieux ruraux, par exemple, les infirmières et infirmiers praticiens peuvent faire une grande différence », ajoute Martine Guignard, infirmière praticienne à Lamèque : « Elles/ils reçoivent les patients, ou leur rendent visite à leur domicile. Et, lorsque cela n’est pas possible – les jours de tempête, par exemple – elles/ils peuvent aussi leur offrir un service personnalisé par téléphone ».

Une carrière évolutive

Quant aux perspectives d’évolutions, elles sont nombreuses, une infirmière ou un infirmier praticien pouvant se spécialiser dans de nombreux domaines : suivi de grossesse, traitement de maladies chroniques, diabète… « Une infirmière ou un infirmier praticien peut aussi enseigner ou s’impliquer dans des programmes de recherche », précise Thérèse Thompson, infirmière praticienne à Campbellton.

Âmes d’entrepreneurs recherchées

Annie Francoeur, infirmière praticienne depuis 9 ans, a même ouvert une clinique privée à Edmundston, avec l’une de ses consœurs. « Dans cette région, de nombreux patients se sont retrouvés « orphelins » de leurs médecins de famille, partis en retraite sans avoir pu nommer de successeurs. En ouvrant cette clinique, nous avons pu leur proposer rapidement une solution de proximité », explique-t-elle.

Un programme de maîtrise accessible à distance

Pour devenir infirmière ou infirmier praticien, il faut d’abord obtenir un baccalauréat en science infirmière, puis pratiquer cette profession pendant au moins deux ans, avant de poursuivre en maîtrise de science infirmière – infirmière ou infirmier praticien. « À l’Université de Moncton, le programme est conçu pour permettre un équilibre entre vie étudiante, vie de famille et vie professionnelle. Il peut être achevé en 2 ans à temps plein, et en 5 ans à temps partiel. Une grande majorité des cours est proposée à distance ; mais il y a également des sessions en laboratoire et 700 heures de stages cliniques pour une préparation optimale » explique Véronique Landry.

100 % de réussite à l’examen de maîtrise

« À ce jour, nous avons un taux de succès de 100 % à l’examen national depuis cinq ans, et nous sommes heureux de souligner que tous nos diplômés sont actuellement en poste », conclut Véronique Landry.
Comment devient-on diététiste professionnel ? Quelles formations suivre ? Pour quelles perspectives d’emploi ? Stéphanie Ward, diététiste et professeure en nutrition à l’Université de Moncton, nous dit tout sur cette profession « passion » qu’elle exerce depuis 8 ans.


Des robots ménagers, des plaques de cuisson, de grands fours électriques, et des placards rutilants… L’illusion est parfaite : on se croirait dans une cuisine toute équipée ! Et pourtant, il s’agit bien d’une salle de classe. C’est ici, au 1er étage du Pavillon Jacqueline - Bouchard de l’Université de Moncton, que nous avons rendez-vous avec Stéphanie Ward, diététiste et professeure en nutrition.

Où sommes-nous ?
Nous sommes dans un des laboratoires du campus de Moncton. C’est ici que les étudiants du bac en nutrition expérimentent les propriétés des aliments et mettent en application les concepts théoriques vus en cours. Ils pratiquent des expériences, pour découvrir par exemple les effets de différentes méthodes de cuisson sur la qualité nutritionnelle des aliments, sur leurs couleurs, sur leurs textures…

En quoi consiste la profession de diététiste ?
Les diététistes sont des professionnels de la santé, qui ont pour mission d’améliorer les habitudes alimentaires et les habitudes de vie de la population en général, et des individus en particulier. Nous intervenons donc à différents niveaux, tant en prévention qu’en curation.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’exercer cette profession ?
Quand j’étais au secondaire, j’avais une passion pour les sciences de la santé. Je m’intéressais à la chimie, à la physiologie. Mais surtout, je voulais exercer un métier qui me permettrait d’aider les gens à vivre une vie plus en santé. C’est tout cela qui a guidé mon choix d’orientation vers un baccalauréat en nutrition à l’Université de Moncton.

Quel parcours d’études avez-vous suivi ?
J’ai étudié pendant 4 ans ici, sur le campus de Moncton. S’en est suivie une année de stages pratiques. Par la suite, j’ai complété une maîtrise et un doctorat à l’Université de Sherbrooke en sciences de la santé pour approfondir mes connaissances dans différents domaines de la nutrition. Durant mes études en doctorat, j’ai eu la chance d’exercer dans une clinique privée en tant que diététiste, ce qui m’a amenée à mettre en pratique mes connaissances sur de nombreuses thématiques : la perte de poids, les maladies gastro-intestinales, la nutrition pédiatrique…

Dans quels domaines un diététiste peut-il être amené à travailler ?
Ce serait difficile de vous citer tous les débouchés, car il y en a beaucoup ! Typiquement, les diététistes exercent :
  • dans les milieux cliniques (dans les hôpitaux ou les foyers de soins par exemple…)
  • en santé communautaire, en santé publique (dans les écoles ou au sein des programmes d’allaitement par exemple)
  • dans des organisations à but non lucratif (la Fondation des maladies du cœur, des associations de lutte contre le cancer, contre le diabète…)
  • au sein de postes gouvernementaux (au niveau fédéral et au niveau provincial)
  • dans le milieu de la recherche
  • dans le milieu de l’enseignement.
Certains diététistes travaillent directement auprès des patients, mais ils peuvent aussi occuper un poste en gestion de services alimentaires.

Comment se porte le marché du travail au Nouveau-Brunswick, et plus largement au Canada, pour les diététistes ?
Le Nouveau-Brunswick est une des provinces du Canada qui enregistrent les plus hauts taux d’obésité. Ses habitants sont aussi parmi les plus touchés par différentes maladies chroniques. De fait, les diététistes professionnels sont très recherchés au N.-B. Ils le sont d’autant plus que la population réalise davantage aujourd’hui à quel point la nutrition est importante pour leur santé physique, mais pas seulement : bien se nourrir, c’est aussi important pour la santé émotionnelle, ou encore la performance si l’on est un athlète par exemple. De nombreux nouveaux postes sont donc créés dans les hôpitaux notamment ; en parallèle, de plus en plus de diététistes ouvrent des services privés pour répondre aux besoins de patients qui viennent à eux, ou pour leur offrir des consultations à domicile. La nutrition est aussi un secteur où la recherche évolue tous les jours, amenant de nouvelles connaissances et autant de clés pour accéder à l’emploi partout au Canada.
 
Quel regard portez-vous sur le nouveau Guide alimentaire canadien ?
Toutes les recommandations que l’on faisait auparavant sont aujourd’hui incluses dans cette nouvelle version ! Celle-ci nous permet donc de mieux conseiller nos patients quant à leur façon de manger : prendre le temps de manger, être conscient de ce que l’on mange… autant de clés pour bâtir une nouvelle relation positive avec la nourriture et les aliments.

Comment devient-on diététiste ?
Tout commence avec un bac en nutrition, qui s’obtient en 5 ans : 4 ans à l’Université, puis 40 semaines de stages que l’on effectue dans différents milieux et zones géographiques.
Les premières années du bac sont surtout consacrées à des cours de sciences : physiologie humaine, chimie, chimie organique, microbiologie, chimie alimentaire, science des aliments… Par la suite, les étudiants suivent des cours plus spécialisés en nutrition, et davantage axés sur la pratique : cours de clinique, de gestion, de santé communautaire…

Qu’apprennent les étudiants en nutrition durant leurs stages ?
Les stages sont essentiels pour accéder à la profession de diététiste : ils offrent aux étudiants autant d’occasions de mettre en application tout ce qu’ils ont appris au cours de leurs quatre premières années d’études.
Les stages s’effectuent à l’hôpital, mais aussi au sein d’industries alimentaires, en santé publique, dans des cliniques externes, au sein des programmes extramuraux… Durant les stages cliniques par exemple, ils apprennent comment notamment collaborer avec différents professionnels de la santé (médecins, infirmières, ergothérapeutes…) ; ils développent leur sens de la relation client. Durant les stages en services de gestion, ils apprennent comment optimiser les ressources matérielles et financières, et à gérer une équipe…

Les étudiants peuvent aussi décider de mettre à profit quelques-unes de leurs 40 semaines de stages pour découvrir ou approfondir des thèmes auxquels ils s’intéressent plus particulièrement.

Comment l’université aide-t-elle les étudiants à trouver leurs stages ?
Tous les stages sont garantis : chaque étudiant est placé en fonction des milieux au sein desquels il souhaite effectuer ses stages.

Quelles possibilités d’évolutions offre le programme de nutrition ?
Après l’obtention de leur bac, nos diplômés sont prêts à exercer pleinement leur profession. Ils pourront ensuite s’ils le souhaitent, se spécialiser dans des domaines particuliers pour approfondir leurs compétences : nutrition sportive, dysphagie, diabète, malnutrition chez les personnes âgées… Le bac en nutrition est un tremplin pour accéder à d’autres opportunités de travail !

(Afin d'alléger le texte, et vous garantir un meilleur confort de lecture, le masculin est utilisé pour désigner les hommes comme les femmes)
Deuxième simulation de désastre à l’Université de Moncton :
45 futurs infirmiers mobilisés
Comment les étudiants en science infirmière sont-ils préparés à réagir vite et bien en toutes circonstances, même les plus complexes ? Pour le savoir, nous avons suivi la simulation de désastre organisée le 27 février dernier, à l’Université de Moncton avec Marie-Josée Guérette, coordonnatrice de la collaboration interprofessionnelle, et organisatrice de l’événement.

Une explosion a retenti ce matin, à 9 h 30 sur le campus de Moncton, au laboratoire de l’École de science infirmière ; 17 blessés ont été évacués et immédiatement pris en charge par les étudiants déjà sur place… Pas de panique : en réalité, tout le monde se porte très bien ! Il s’agissait d’une simulation de désastre, organisée par l’Université de Moncton pour ses étudiants en 4e année de science infirmière et en médecine.

Éprouver un sinistre en conditions sécurisées
Trois sessions de 20 minutes ont eu lieu en une matinée, mobilisant au total 17 figurants, 10 maquilleurs professionnels, et une soixantaine d’étudiants, dont 45 futurs infirmiers et infirmières et 9 médecins en formation, sous le regard attentif de plusieurs de leurs professeurs : André Touchburn, médecin et urgentologue, Anik Dubé, professeure en science infirmière , Julie Boudreau, chargée d’enseignement clinique et Benoît Morin, qui jouait l’un des blessés pour observer la scène de l’intérieur. Marie-Josée Guérette, coordonnatrice de la collaboration interprofessionnelle, et organisatrice de l’événement, explique : « Cet exercice grandeur nature a lieu maintenant chaque année, depuis 2 ans. Pour les étudiants en science infirmière, il fait écho à l’Unité académique 39, autrement dit à toutes les compétences qu’ils doivent désormais maîtriser en cas de désastre ».
Une mise à l’épreuve des compétences clés
Pour les futurs infirmiers et infirmières, l’exercice consiste à organiser un centre de triage, et à pratiquer les techniques d’évacuation des personnes traumatisées, les divers soins infirmiers d’urgence, ainsi que les immobilisations avec des attelles et des bandages.

Suivent ensuite 40 minutes de débriefing avec les professeurs, pour que chaque étudiant puisse prendre du recul sur les difficultés rencontrées et les décisions prises : « Ce moment de réflexion est très important pour ancrer les enseignements de l’expérience », souligne Marie-Josée Guérette.

L’expérience n’est pas notée, mais a pour objectif de confronter les étudiants à eux-mêmes, à leur façon de réagir en cas de sinistre - en conditions sécurisées. André Touchburn précise : « Même s’ils n’auront pas tous les jours à intervenir dans des catastrophes de cette ampleur, ils devront en revanche faire preuve au quotidien de sang-froid, d’organisation, d’un sens des priorités, d’esprit d’équipe, d’initiatives, et d’une excellente capacité à communiquer tant avec les patients qu’avec d’autres professionnels (médecins, ambulanciers, travailleurs sociaux…). Autant de compétences et de qualités que ce type d’exercice permet d’éprouver vraiment ! »

La communication interprofessionnelle : une nécessité
Pour les étudiants au baccalauréat en science infirmière, ce sinistre organisé constitue le point final de quatre années de préparation intensive à la profession : « Depuis leur première année d’études, ils acquièrent les savoir, les savoir-faire et les savoir-être qui feront d’eux des professionnels de terrain. Outre l’apprentissage des techniques indispensables, ils développent leur sens de la communication interprofessionnelle, en suivant des cours avec des étudiants de spécialités différentes ; ils ont aussi à cœur de comprendre le patient et de se faire comprendre de lui en parlant la même langue, sans faire usage de jargon médical. »

Un scénario qui s’enrichit chaque année de nouveaux regards professionnels
Très appréciée des étudiants, l’expérience suscite de l’engouement au sein de l’Université : chaque année, le scénario catastrophe s’enrichit, pour permettre à des étudiants inscrits dans d’autres programmes d’éprouver leurs compétences, et de développer leurs capacités à travailler avec d’autres professionnels : « À son lancement il y a deux ans, l’expérience mobilisait seulement les étudiants en science infirmière », se souvient Marie-Josée Guérette. « L’année dernière se sont ajoutés les étudiants en médecine. Cette année, dans un esprit d’amélioration continue, nous avons invité Renée-Danielle Boulay, coordinatrice de qualité clinique pour Ambulance NB, qui a conseillé les étudiants sur la meilleure manière de communiquer en quelques secondes l’état de chaque blessé au personnel ambulancier. Nous avons également fait appel à une équipe de travailleurs sociaux, dans l’objectif de permettre à des étudiants de ce programme de participer à cet événement dès l’année prochaine ! Eux aussi jouent un rôle très important dans les situations de désastre, en rassurant les patients et les familles… »

Chronique d’un (faux) sinistre maîtrisé !
Retour en arrière : nous avons suivi deux équipes d’étudiantes et d’étudiants en science infirmière, lors de la simulation de désastre organisée au Pavillon Jacqueline-Bouchard de l’Université de Moncton : l’une à l’évacuation, l’autre au centre de triage. Reportage.

9 h 30 – Une épaisse fumée envahit le laboratoire de l’École de science infirmière de l’Université de Moncton. Quelque chose – peut-être une bombe ? – vient d’exploser. Dans la lumière vacillante des néons, c’est la panique : certains, le regard perdu, avancent dans le brouillard qui commence à se dissiper ; d’autres sont étendus sur le sol et appellent à l’aide. Les secours ont été prévenus, mais n’arriveront pas avant plusieurs minutes…

« Pour jouer le rôle des blessés, nous avons fait appel à deux comédiens professionnels, à un professeur, Benoît Morin, et à 14 jeunes (1), sélectionnés notamment pour leur intérêt pour la santé ou l’art dramatique. Une bonne façon pour eux de découvrir la profession en pleine action », précise Marie-Josée Guérette. Tous ont été préparés par une équipe de maquilleurs professionnels, qui sont allés jusqu’à poser à certains de fausses blessures en latex et silicone pour un effet plus vrai que nature !

9 h 33 – Les 20 étudiants présents sur les lieux s’organisent et mettent en place les mesures d’urgence.
Une dizaine d’entre eux commencent à procéder à l’évacuation des blessés, pendant que l’autre équipe prépare un centre de triage dans une zone sécurisée. Il faut faire vite : les bombonnes de gaz présentes un peu partout menacent d’exploser à tout moment.

9 h 34 - Les blessés en état de marcher sont les premiers à être évacués vers le centre de triage. Ceux qui gisent sur le sol sont rapidement examinés, avant d’être transportés. Marie-Josée Guérette explique : « S’il s’était agi d’un sinistre réel, les pompiers auraient été les premiers sur les lieux. Ici, pour les besoins de l’exercice, leur rôle est joué par les étudiants en science infirmière. Nous avons souhaité leur ouvrir les yeux sur le travail réalisé en amont du leur, tout en les confrontant à la priorisation des actions, et à la prise de décisions d’urgence. »

9 h 35 – Dans la zone de triage, l’équipe médicale a eu juste le temps de procéder au contrôle du matériel quand arrivent les premiers blessés. Certains toussent ; d’autres crient ; d’autres, encore, se taisent, et paraissent choqués. À ce stade, chaque minute compte. Il faut analyser les situations, poser aux patients les questions importantes dans leur langue, et les classer selon le degré de gravité de leur état en se servant du système START : une étiquette verte pour ceux qui peuvent recevoir un traitement dans les 3 heures, une étiquette jaune pour ceux qui doivent être pris en charge dans l’heure, et une étiquette rouge pour les blessés graves qui doivent recevoir des soins dans l’immédiat. Un code reconnu.

9 h 39 – Les équipes s’affairent auprès des cas « jaunes » et « rouges », posant tantôt des cathéters, tantôt des attelles de fortune avec les moyens du bord : un morceau de carton, un foulard et le tour est joué ! « Cet exercice apprend aux étudiants à agir vite, à improviser intelligemment, à travailler ensemble, et à ne pas s’attarder sur chaque blessé. L’objectif est de tous les examiner en un minimum de temps, et d’apporter les premiers soins lorsque cela est nécessaire. »

Au bilan, l’exercice aura duré 20 minutes avant que l’arrivée de l’ambulance soit annoncée. Les étudiants vont maintenant dresser un bilan de l’activité pendant 40 minutes avec leurs professeurs, qui les ont observés tout au long de la simulation. Un moment privilégié pour analyser à froid leurs réactions, et trouver au besoin de meilleures alternatives.

(1) 7 jeunes de l’école secondaire Mathieu-Martin (Dieppe) et 7 jeunes de l’école secondaire L’Odyssée (Moncton).
Pour éclairer les jeunes sur ce qui les attend dans les études en santé, l’équipe du CNFS – Volet Université de Moncton a, pour la première fois cette année, formé 5 étudiants au rôle d’ambassadeur. Comment interviennent-ils sur le terrain ? À quels enjeux leur mission répond-elle ? Explications avec André DeGrâce, Agent de recrutement étudiant au CNFS, et Marie-Josée Laforge, Coordinatrice adjointe CNFS et PLOE.

Ceci est la première partie de l’article concernant les ambassadeurs étudiants. La deuxième partie est maintenant disponible.

Pourquoi vous appuyez-vous sur des étudiants cette année ?

André
 : Nous sensibilisons tous les ans près d’un millier d’élèves du primaire et du secondaire aux débouchés et aux opportunités de carrières qu’offre le secteur de la santé, en français. L’étude que nous avons menée il y a deux ans a montré que nos interventions étaient très appréciées des élèves, mais qu’elles gagneraient à être complétées par le témoignage d’étudiants, grâce auxquels ils pourraient plus aisément se projeter et imaginer ce que pourrait être leur avenir professionnel.

Marie-Josée
 : À la session d'hiver, nous avons donc lancé ce programme expérimental, pour mettre en contact des jeunes et des étudiants inscrits dans des programmes en santé ciblés par le CNFS – Volet Université de Moncton. Nous entendons développer et affiner cette action en formant chaque année de nouveaux ambassadeurs.

À quels enjeux doit répondre ce programme d’étudiants ambassadeurs ?

Marie-Josée
 : Suite aux nombreux départs en retraite dans le secteur de la santé, et en regard du vieillissement de la population néo-brunswickoise, il y a urgence à former une relève compétente pour garantir un accès aux soins de qualité… et en français pour les habitants francophones de la province, certes en situation minoritaire, mais pour lesquels il est essentiel de pouvoir comprendre et se faire comprendre sur un sujet aussi sensible que celui de leur santé.

André
 : Au CNFS, notre mission consiste à éclairer la jeune génération sur les besoins en recrutement de demain. Mais personne d’autres que nos ambassadeurs peuvent leur donner aussi bien le goût de s’orienter vers une carrière dans le domaine de la santé, en leur apportant un regard vivant et sincère sur leurs études et les professions qu’ils sont en train d’apprendre.

Comment avez-vous constitué votre équipe d’ambassadeurs étudiants ?

Marie-Josée
 : Nous recherchions des étudiants passionnés par leurs études, fiers de leur future profession, et prêts à partager cela auprès des jeunes. Ceux-ci devaient également représenter les différents programmes ciblés par le CNFS – Volet Université de Moncton.

André 
: Suite à l’appel que nous avons lancé sur les trois campus de l’Université de Moncton, notre comité de sélection a retenu les candidatures de cinq étudiants, dont l’envie de transmettre leur passion pour la santé, le niveau d’engagement, et la connaissance du milieu universitaire reflétaient exactement la mission que nous souhaitions leur confier : Josiane Martin, étudiante en 4e année du baccalauréat en nutrition, Joey St-Pierre et Julie Bellefleur, tous deux en 3e année du bac en science infirmière, Olivier Barriault, actuellement en maîtrise en gestion des services de santé, et Lucky Kaswende, étudiante en 4e année du bac en travail social.

Concrètement, quel est le rôle de vos ambassadeurs ?

André
 : Nous les avons formés pour qu’ils puissent accompagner nos interventions dans les écoles, physiquement ou virtuellement via Skype. Ils lèvent les doutes des jeunes sur leur quotidien à l’Université, les cours qu’ils suivent, les débouchés possibles de leurs études, les difficultés qu’ils rencontrent, leur manière de s’organiser. Ils apportent des conseils, ponctuent leurs interventions d’anecdotes amusantes, et répondent aux questions des jeunes en toute transparence. Leur franchise plait beaucoup ! Ils sont également nos « nano-influenceurs » sur les réseaux sociaux : ils partagent leur vie étudiante auprès de personnes de tous âges qui aiment suivre leur quotidien.

Marie-Josée
 : Nous les rémunérons sous forme de bourse pour ce travail. Ils publient des messages qui ont du sens pour eux, et qui reflètent vraiment leur personnalité. C’est ainsi, liés à leurs abonnés par un contrat de confiance implicite, qu’ils pourront aussi en amener certains à vouloir poursuivre des études semblables.

CNFS MARIE JOSEE LAFORGE et ANDRE DEGRACE
Marie-Josée Laforge et André DeGrâce : « Les ambassadeurs CNFS – Volet Université de Moncton lèvent les doutes des jeunes sur leur quotidien à l’Université »

Partie 2 : continuer la lecture

Ceci est la deuxième partie de l’article concernant les ambassadeurs étudiants. Pour commencer du début, veuillez consulter la première partie.


Josiane, Joey, Lucky, Olivier et Julie, tous étudiants dans des programmes en santé à l’Université de Moncton, et premiers ambassadeurs du CNFS auprès des jeunes, dévoilent les raisons de leur engagement. Rencontre.

Olivier Barriault, 24 ans, en maîtrise en gestion des services de santé – Campus de Moncton
« S’informer, c’est aussi éprouver ! Je conseille à tous de tester avant d’étudier ! »
Pour faire le bon choix, il faut expérimenter ! C’est pour cela que je suis devenu ambassadeur du CNFS : pour dire aux jeunes de suivre leur curiosité, de profiter du programme « Étudiant d’un jour » pour visiter le campus et assister à un cours… et, pourquoi pas, de devenir bénévole dans un hôpital ! C’est ainsi que j’ai moi-même découvert ma vocation à 17 ans. Originaire de Nouvelle-Écosse, j’ai saisi l’opportunité de poursuivre mes études en français à l’Université de Moncton, parce que j’ai à cœur de protéger la culture francophone, tout en offrant un service de qualité dans les deux langues officielles. Après un bac en kinésiologie, j’ai souhaité poursuivre mes études vers une maîtrise en gestion des services de santé pour développer une vision globale du système. Aujourd’hui, je me vois bien occuper un poste de gestion dans un hôpital, ou même travailler au niveau fédéral.
CNFS OLIVIER BARRIAULT
Olivier Barriault : « Pour faire le bon choix, il faut expérimenter ! »

Lucky Kaswende, 25 ans, en 4e année de baccalauréat en travail social – Campus de Moncton
« J’aime partager mon engagement pour le travail social »
Devenir ambassadrice du CNFS m’apparaissait naturel : j’aime partager mon expérience, et transmettre ma passion pour l’action sociale ! Je suis arrivée au Nouveau-Brunswick il y a quatre ans, portée par le souvenir de personnes en réelle détresse rencontrées dans mon pays d’origine – le Congo – et en Inde, au cours d’un voyage d'étude en 2012. Je voulais acquérir les outils et les méthodes nécessaires pour agir vraiment en faveur de la justice sociale, que ce soit au Canada ou ailleurs. Aujourd’hui, j’apprends tous les jours, que ce soit en cours, ou lors de mes activités bénévoles. C’est ce que je dis aux jeunes que je rencontre : le travail social se vit au quotidien ! C’est ainsi que l’on précise le sens que l’on souhaite donner à sa vie professionnelle. Aujourd’hui, j’aimerais travailler dans le milieu carcéral, pour aider à la réinsertion d’anciens détenus.
CNFS LUCKY KASWENDE
Lucky Kaswende : « J’aime transmettre ma passion pour l’action sociale »

Julie Bellefleur, 22 ans, en 3e année de baccalauréat en science infirmière – Campus d’Edmundston
« Certains détails peuvent aider à préciser un choix de carrière »
Une vocation peut naître tôt, si elle est nourrie des bonnes informations ! Je suis devenue ambassadrice CNFS pour transmettre aux jeunes ces détails qui ne figurent pas sur les brochures de l’Université : ces petits riens qui font que j’adore le campus d’Edmundston, et ces liens de proximité si importants que l’on développe dès nos premières années d’études avec les gens d’ici. C’est d’ailleurs ce qui m’a fait choisir le programme de science infirmière : j’ai toujours aimé le contact avec les gens. J’aime m’asseoir avec eux, et écouter leur histoire de vie. J’aime prendre soin des personnes qui m’entourent. Aujourd’hui, forte de tout ce que mes études m’ont appris, j’ai l’ambition de me spécialiser en psychiatrie après mon bac.
CNFS JULIE BELLEFLEUR
Julie Bellefleur : « Vous aimez les gens ? Il y a de bonnes chances pour que le programme de science infirmière soit fait pour vous »

Josiane Martin, 25 ans, en 4e année de baccalauréat en nutrition – Campus de Moncton
« Vivre en santé, un état d’esprit que j’aime transmettre ! »
Choisir la profession que l’on occupera demain : quel exercice difficile ! En tant qu’ambassadrice du CNFS, j’avais envie de rassurer tous ces jeunes qui ont le sentiment de faire le choix d’une vie. Quand j’avais leur âge, je n’avais pas d’idée précise sur ce que je voulais faire de mon avenir. Mais, j’étais sûre d’une chose : je voulais mener une vie saine. Je m’intéressais beaucoup aux propriétés des aliments, et je me suis laissée guidée par ce qui, pour moi, ne constituait pas un cours mais des conseils pour vivre bien et aider les autres à vivre mieux. C’est ainsi que j’ai trouvé ma voie. Aujourd’hui, forte de ce que j’ai appris en cours, j’accompagne déjà mes premiers patients !
CNFS JOSIANE MARTIN
Josiane Martin : « J’avais envie de rassurer les jeunes »

Joey St-Pierre, 22 ans, en 3e année de baccalauréat en science infirmière – Campus de Bathurst
« Les jeunes doivent savoir ce que l’on éprouve en exerçant une profession aussi humaine. »
Trouver sa voie, c’est parfois emprunter des chemins inattendus pour finalement s’apercevoir qu’ils n’ont pas été tracés pour nous. En devenant ambassadeur du CNFS, j’ai souhaité pouvoir apporter aux jeunes les clés de quelques raccourcis qui pourront faciliter leur parcours. Je peux aussi bien leur parler de la vie étudiante à Moncton (où j’ai passé un bac libre), ou à Bathurst, où j’étudie actuellement pour devenir infirmier. Je peux aussi répondre à leurs questions sur le marché de l’emploi dans ma branche, ou les salaires de la profession. Mais surtout, j’avais envie de leur partager ce que l’on éprouve lorsque l’on exerce une profession aussi humaine, un travail qui peut être difficile lorsque l’on est face à la souffrance des autres, mais tellement beau lorsque l’on parvient à l’apaiser, même un peu…
CNFS JOEY ST PIERRE
Joey St-Pierre : « J’avais envie de leur partager ce que l’on éprouve lorsque l’on exerce une profession aussi humaine »

Partie 1 : retour en arrière

#umoncton #carrièresanté #emploiensanté #Santé #Nouveau-Brunswick #ambassadeurs
Suzanne Dupuis-Blanchard, titulaire de la Chaire de recherche en santé CNFS – Université de Moncton :

« Le bien-vieillir à domicile, une solution santé, génératrice d’emplois d’avenir ! »


En 2026, 22% des habitants du Nouveau-Brunswick auront plus de 65 ans. Pour Suzanne Dupuis-Blanchard, titulaire de la Chaire de recherche en santé CNFS – Université de Moncton, il y a urgence à développer des solutions de maintien à domicile. Comment les travaux de la Chaire font-ils progresser l’innovation dans ce domaine ? Quels besoins en recrutement le bien-vieillir à domicile pourrait-il générer dans la province ? Rencontre.

6 h 30 – Des antennes partout au Canada
Pour Suzanne, c’est devenu un rituel : commencer sa journée par la lecture de courriels en provenance des quatre coins du Canada ! Elle explique : « Au sein de la Chaire de recherche en santé CNFS – Université de Moncton, nous avons à cœur d’inspirer par nos recherches le développement de solutions concrètes en faveur du maintien à domicile des aînés, un sujet qui concerne de très nombreux chercheurs au niveau national ! »
Le partage de bonnes pratiques est primordial, selon elle, face aux enjeux liés au vieillissement de la population : « Dans moins de 7 ans, près d’un quart des Néo-Brunswickois aura plus de 65 ans. Ils voudront pouvoir vieillir dans de bonnes conditions, et si possible rester le plus longtemps possible chez eux, là où ils ont leurs repères. À ce titre, ils devront pouvoir bénéficier de services et de soins de qualité à domicile, et – permettez-moi d’ajouter - en français si c’est leur langue maternelle. La liste de nos projets n’en finit pas de s’allonger ! » Suzanne ne croit pas si bien dire…

9 h - Danica, assistante de recherche, crée la surprise
Elle est à son bureau depuis une bonne demi-heure quand trois coups retentissent à la porte. Apparaît le visage rayonnant de Danica, assistante de recherche. Passionnée par le sujet du maintien à domicile depuis son stage à la Chaire l’été dernier, alors qu’elle terminait sa maîtrise en psychologie, Danica a souhaité poursuivre dans ce domaine, et elle a eu une idée : « J’aimerais comprendre ce qui pousse aujourd’hui les aînés à déménager en foyer de soins spéciaux (niveaux 1 et 2). Voilà mon projet de recherche : aller à la rencontre des personnes âgées qui vivent aujourd’hui en résidence spécialisée, et leur demander pourquoi elles ont choisi de quitter leur domicile ».
Suzanne sourit : pour Danica, c’est gagné ! La Chaire soutiendra ses travaux ! « Les besoins en connaissances sont tellement importants pour améliorer les conditions de vieillissement des populations que, lorsque nous pouvons embaucher des étudiants pour nous aider, nous le faisons ! Nous embauchons d’autant plus volontiers, lorsque des projets aussi brillants que celui-ci nous sont soumis par les étudiants eux-mêmes ! »


10 h – Supervision de thèses
En parallèle de ses activités de recherche, Suzanne est professeure titulaire à l’École de science infirmière, à la Faculté des sciences de la santé et des services communautaires de l’Université de Moncton. À ce titre, elle supervise les thèses d’étudiants en maîtrise. « Je consacre toutes les semaines quelques heures à la lecture de leurs travaux. C’est éclairant, et enthousiasmant de voir à quel point nos étudiants sont passionnés par la santé de l’humain ! Notre avenir en santé est entre de bonnes mains… même s’il faudrait que celles-ci soient plus nombreuses pour que nos services de santé puissent sereinement faire face aux besoins grandissants qui se profilent… ».

13 h - Préparation d’outils supports pour les conseillers en orientation
Une chance : la Conférence annuelle des conseillers d’orientation aura lieu cette année en mai à Moncton. Un événement que Suzanne et Danielle, étudiante-chercheur, préparent activement. Objectif : informer ces professionnels pour qu’ils puissent en retour répondre à toutes les questions des jeunes sur les perspectives d’emploi en science infirmière, gestion des services de santé, nutrition, psychologie, travail social, toxicomanies et surtout en vieillissement.
« Nous profiterons de l’occasion pour les informer aussi des enjeux liés à la prestation des services en français, des débouchés que cela ouvre, et des outils offerts aux jeunes pour qu’ils puissent exercer leur profession auprès des populations francophones vieillissantes vivant en contexte minoritaire », précise Suzanne.

15 h - Développer des foyers de soins… sans mur !
Le téléphone sonne. Au bout du fil, le gestionnaire d’une résidence pour personnes âgées, intéressé par un projet de foyers de soins sans mur étudié à la Chaire. Suzanne explique : « Le Nouveau-Brunswick compte aujourd’hui 67 foyers de soins. Nous aimerions les accompagner dans le développement d’une offre à domicile. Une idée consisterait à faire de chacun d’eux une Centrale du vieillissement de leur communauté : différentes prestations pourraient être proposées aux aînés qui auront choisi de vieillir chez eux. De nombreux domaines sont concernés – le transport, les soins infirmiers à domicile, la préparation et la livraison de repas… -, avec en filigrane des créations d’emploi ! »
Ce projet, encore en phase exploratoire, a notamment reçu un prix d’innovation en recherche, et « commence à générer une émulation intéressante, avec déjà le soutien affiché de 7 foyers de soins en milieu rural ».

16 h - Téléconférence : « Le cohabitat, une solution adaptée au maintien à domicile… »
Sur l’écran de Suzanne s’affichent les visages de deux de ses collègues chercheurs, spécialistes du cohabitat, l’un officiant sur l’Île-du-Prince-Édouard, et l’autre en Nouvelle-Écosse. « Nous sommes convaincus que ce système, encore peu connu dans l’est du Canada, gagnerait à être développé dans les provinces atlantiques, en particulier pour les aînés. Avec Catherine, une stagiaire postdoctorante actuellement avec la Chaire, qui a une grande expertise du sujet pour l’avoir étudié à Vancouver, nous sommes actuellement en train d’écrire un article sur ce thème, étape indispensable pour espérer obtenir le financement nécessaire à la poursuite de nos travaux ! », explique Suzanne.

17 h – Derniers préparatifs pour Fredericton
Demain, Suzanne a rendez-vous avec les équipes des ministères de la Santé et du Développement social pour leur présenter les derniers travaux de la Chaire. En rangeant ses dossiers dans sa sacoche, elle pense à la journée qui vient de s’écouler, et aux solutions qui auraient besoin d’être développées en réponse aux enjeux du maintien à domicile. Oh oui, elle aura de quoi proposer !...

Suzanne DUPUIS-BLANCHARD, un parcours inspirant en 7 dates clés :
  • 1991 : Obtention d’un baccalauréat en science infirmière à l’Université de Moncton ; premier emploi en santé communautaire, auprès d’une population vieillissante en Ontario (poste qu’elle occupera pendant 3 ans)
  • 1994 : Retour au Nouveau-Brunswick - Superviseure de stages en santé communautaire à l’École de science infirmière de l’Université de Moncton
  • 1997 – 2001 : Maîtrise en science infirmière, à l’Université du NB (Fredericton), cours du soir en parallèle d’une carrière d’enseignante clinique. Elle choisit le vieillissement comme sujet de thèse, sujet dont elle poursuivra l’étude en doctorat.
  • 2003 – 2007 : Doctorat en science infirmière à l’Université d’Alberta, avec le soutien d’une bourse du CNFS – Volet Université de Moncton
  • 2007 : Suzanne est choisie pour faire renaître le Centre d’études du vieillissement, à l’Université de Moncton, à titre de directrice.
  • Avril 2014 : Nomination à la tête de la Chaire de recherche en santé CNFS – Université de Moncton sur le vieillissement des populations.
  • Janvier 2019 : Suzanne est promue professeure titulaire à l’École de science infirmière à la Faculté des sciences de la santé et des services communautaires de l’Université de Moncton.

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SuzanneDUPUIS BLANCHARD
Suzanne Dupuis-Blanchard : « Les aînés doivent pouvoir bénéficier de services et de soins de qualité à domicile »