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Comment devient-on diététiste professionnel ? Quelles formations suivre ? Pour quelles perspectives d’emploi ? Stéphanie Ward, diététiste et professeure en nutrition à l’Université de Moncton, nous dit tout sur cette profession « passion » qu’elle exerce depuis 8 ans.


Des robots ménagers, des plaques de cuisson, de grands fours électriques, et des placards rutilants… L’illusion est parfaite : on se croirait dans une cuisine toute équipée ! Et pourtant, il s’agit bien d’une salle de classe. C’est ici, au 1er étage du Pavillon Jacqueline - Bouchard de l’Université de Moncton, que nous avons rendez-vous avec Stéphanie Ward, diététiste et professeure en nutrition.

Où sommes-nous ?
Nous sommes dans un des laboratoires du campus de Moncton. C’est ici que les étudiants du bac en nutrition expérimentent les propriétés des aliments et mettent en application les concepts théoriques vus en cours. Ils pratiquent des expériences, pour découvrir par exemple les effets de différentes méthodes de cuisson sur la qualité nutritionnelle des aliments, sur leurs couleurs, sur leurs textures…

En quoi consiste la profession de diététiste ?
Les diététistes sont des professionnels de la santé, qui ont pour mission d’améliorer les habitudes alimentaires et les habitudes de vie de la population en général, et des individus en particulier. Nous intervenons donc à différents niveaux, tant en prévention qu’en curation.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’exercer cette profession ?
Quand j’étais au secondaire, j’avais une passion pour les sciences de la santé. Je m’intéressais à la chimie, à la physiologie. Mais surtout, je voulais exercer un métier qui me permettrait d’aider les gens à vivre une vie plus en santé. C’est tout cela qui a guidé mon choix d’orientation vers un baccalauréat en nutrition à l’Université de Moncton.

Quel parcours d’études avez-vous suivi ?
J’ai étudié pendant 4 ans ici, sur le campus de Moncton. S’en est suivie une année de stages pratiques. Par la suite, j’ai complété une maîtrise et un doctorat à l’Université de Sherbrooke en sciences de la santé pour approfondir mes connaissances dans différents domaines de la nutrition. Durant mes études en doctorat, j’ai eu la chance d’exercer dans une clinique privée en tant que diététiste, ce qui m’a amenée à mettre en pratique mes connaissances sur de nombreuses thématiques : la perte de poids, les maladies gastro-intestinales, la nutrition pédiatrique…

Dans quels domaines un diététiste peut-il être amené à travailler ?
Ce serait difficile de vous citer tous les débouchés, car il y en a beaucoup ! Typiquement, les diététistes exercent :
  • dans les milieux cliniques (dans les hôpitaux ou les foyers de soins par exemple…)
  • en santé communautaire, en santé publique (dans les écoles ou au sein des programmes d’allaitement par exemple)
  • dans des organisations à but non lucratif (la Fondation des maladies du cœur, des associations de lutte contre le cancer, contre le diabète…)
  • au sein de postes gouvernementaux (au niveau fédéral et au niveau provincial)
  • dans le milieu de la recherche
  • dans le milieu de l’enseignement.
Certains diététistes travaillent directement auprès des patients, mais ils peuvent aussi occuper un poste en gestion de services alimentaires.

Comment se porte le marché du travail au Nouveau-Brunswick, et plus largement au Canada, pour les diététistes ?
Le Nouveau-Brunswick est une des provinces du Canada qui enregistrent les plus hauts taux d’obésité. Ses habitants sont aussi parmi les plus touchés par différentes maladies chroniques. De fait, les diététistes professionnels sont très recherchés au N.-B. Ils le sont d’autant plus que la population réalise davantage aujourd’hui à quel point la nutrition est importante pour leur santé physique, mais pas seulement : bien se nourrir, c’est aussi important pour la santé émotionnelle, ou encore la performance si l’on est un athlète par exemple. De nombreux nouveaux postes sont donc créés dans les hôpitaux notamment ; en parallèle, de plus en plus de diététistes ouvrent des services privés pour répondre aux besoins de patients qui viennent à eux, ou pour leur offrir des consultations à domicile. La nutrition est aussi un secteur où la recherche évolue tous les jours, amenant de nouvelles connaissances et autant de clés pour accéder à l’emploi partout au Canada.
 
Quel regard portez-vous sur le nouveau Guide alimentaire canadien ?
Toutes les recommandations que l’on faisait auparavant sont aujourd’hui incluses dans cette nouvelle version ! Celle-ci nous permet donc de mieux conseiller nos patients quant à leur façon de manger : prendre le temps de manger, être conscient de ce que l’on mange… autant de clés pour bâtir une nouvelle relation positive avec la nourriture et les aliments.

Comment devient-on diététiste ?
Tout commence avec un bac en nutrition, qui s’obtient en 5 ans : 4 ans à l’Université, puis 40 semaines de stages que l’on effectue dans différents milieux et zones géographiques.
Les premières années du bac sont surtout consacrées à des cours de sciences : physiologie humaine, chimie, chimie organique, microbiologie, chimie alimentaire, science des aliments… Par la suite, les étudiants suivent des cours plus spécialisés en nutrition, et davantage axés sur la pratique : cours de clinique, de gestion, de santé communautaire…

Qu’apprennent les étudiants en nutrition durant leurs stages ?
Les stages sont essentiels pour accéder à la profession de diététiste : ils offrent aux étudiants autant d’occasions de mettre en application tout ce qu’ils ont appris au cours de leurs quatre premières années d’études.
Les stages s’effectuent à l’hôpital, mais aussi au sein d’industries alimentaires, en santé publique, dans des cliniques externes, au sein des programmes extramuraux… Durant les stages cliniques par exemple, ils apprennent comment notamment collaborer avec différents professionnels de la santé (médecins, infirmières, ergothérapeutes…) ; ils développent leur sens de la relation client. Durant les stages en services de gestion, ils apprennent comment optimiser les ressources matérielles et financières, et à gérer une équipe…

Les étudiants peuvent aussi décider de mettre à profit quelques-unes de leurs 40 semaines de stages pour découvrir ou approfondir des thèmes auxquels ils s’intéressent plus particulièrement.

Comment l’université aide-t-elle les étudiants à trouver leurs stages ?
Tous les stages sont garantis : chaque étudiant est placé en fonction des milieux au sein desquels il souhaite effectuer ses stages.

Quelles possibilités d’évolutions offre le programme de nutrition ?
Après l’obtention de leur bac, nos diplômés sont prêts à exercer pleinement leur profession. Ils pourront ensuite s’ils le souhaitent, se spécialiser dans des domaines particuliers pour approfondir leurs compétences : nutrition sportive, dysphagie, diabète, malnutrition chez les personnes âgées… Le bac en nutrition est un tremplin pour accéder à d’autres opportunités de travail !

(Afin d'alléger le texte, et vous garantir un meilleur confort de lecture, le masculin est utilisé pour désigner les hommes comme les femmes)