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L’avenir sourit aux étudiants qui choisiront de se former en psychologie clinique ! Non seulement la demande est grandissante, mais la profession s’apprête à faire face à des départs en retraite importants. De nouvelles opportunités s’offrent aux jeunes, pour un large choix de carrières. Explications avec Eugène A. LeBlanc, Ph. D. et coordonnateur des stages et de l’internat à l’École de psychologie de l’Université de Moncton.
Eugène

Qu’est ce que la psychologie clinique ?

La psychologie clinique, c’est la branche de la psychologie qui concerne l’évaluation et le traitement des maladies mentales, ainsi que les problèmes moins sévères de la vie humaine tels la timidité, le stress et la détresse associée aux changements de la vie. Un psychologue clinicien s’intéresse tant à la maladie qu’à la manière dont son patient « fonctionne ». En s’attachant à comprendre son patient, à décoder sa détresse, il va lui offrir une perspective nouvelle sur la vie, et ainsi l’accompagner vers un mieux-être, voire la guérison.

Comment se porte le marché de l’emploi en psychologie clinique ?

Les diplômés n’éprouvent aucune difficulté à trouver du travail dès la fin de leurs études. Des recherches montrent que 20 % la population canadienne va développer une maladie mentale au cours de sa vie ; les troubles mentaux étant de moins en moins stigmatisés, les gens osent davantage se tourner vers des spécialistes. Résultat : la demande est en constante augmentation. En parallèle, la profession fait face à une pénurie grandissante de professionnels en exercice, en particulier dans les territoires ruraux, et se prépare à une vague importante de départs à la retraite : 41 % des psychologues du Nouveau-Brunswick dépassent les 51 ans ; la plupart se retireront entre 60 et 65 ans. En 2018, les six finissants du programme de doctorat professionnel en psychologie ont tous été embauchés immédiatement à la fin de leur internat par des employeurs.

Dans quels cadres un psychologue peut-il exercer sa profession ?

Une fois leur diplôme en poche, les psychologues ont le choix ! Selon leur projet professionnel, ils peuvent exercer :
- en clinique de santé mentale et de traitement des toxicomanies
- dans les hôpitaux (en unité d’oncologie (1) ou unité de psychiatrie, par exemple)
- auprès des enfants et des adolescents, au sein des districts scolaires et des équipes enfants-jeunes
- auprès des détenus, dans les services correctionnels
- en cabinet privé…

Comment devient-on psychologue clinicien ?

Il faut d’abord obtenir un baccalauréat en psychologie (accessible en 4 ans), puis s’orienter vers un doctorat en psychologie, qui durera également 4 ans. Notez que le parcours de formation ne comprend pas de maîtrise.
Pendant ces 8 années de préparation à la profession, les étudiants suivent une quarantaine de cours en psychologie, complétés durant leur doctorat par quelque 2650 heures de stages et d’internat

Comment aidez-vous les étudiants à trouver leurs stages ?

Nous travaillons en étroit partenariat avec les milieux professionnels : nous veillons à ce que nos étudiants développent leurs compétences sur le terrain dans les meilleures conditions possibles. Chaque année, je rencontre tous les étudiants. À la lumière de leur vécu, et en tenant compte de leur mobilité géographique, de leurs compétences en langues, de leurs besoins spécifiques (liés à leur vie de famille, par exemple) et bien sûr de leur projet professionnel, je recherche pour chacun d’eux un milieu dans lequel ils pourront mettre leurs compétences en pratique, et un psychologue en exercice qui acceptera d’être leur superviseur.
Les stages sont organisés en fin d’année, du mois d’avril au mois d’août, et suivent un calendrier de thématiques en rapport avec ce que les étudiants ont appris durant l’année : en première année de doctorat, les stages aident les étudiants à mieux appréhender les situations vécues par des enfants et des adolescents ; en deuxième année sont abordés les besoins des publics adultes ; durant leur stage de troisième année, les étudiants approfondissent leurs connaissances. Ils sont alors prêts pour une quatrième année, entièrement en internat.

Comment les étudiants sont-ils accompagnés durant leur internat ?

Leurs superviseurs les suivent de près, pour qu’ils acquièrent les réflexes professionnels bien sûr, mais aussi pour assurer un service compétent à la clientèle : nous tenons à ce que nos étudiants, moyennant cette supervision, offrent un service de qualité.

Quelles qualités faut-il avoir pour exercer la profession de psychologue ?

À mes yeux, la compassion et l’empathie sont les deux qualités essentielles pour être un bon professionnel. Il faut aussi être curieux de la nature humaine, et avoir l’envie d’aider et de soulager son prochain. Le reste s’acquiert : la formation académique permet aux étudiants d’affiner leurs qualités, de développer leurs connaissances et d’aiguiser leur esprit critique.

Comment voyez-vous l’avenir de la profession ?

La profession de psychologue évolue sans cesse, portée par des recherches menées partout dans le monde, et par les progrès de la technologie. La pénurie de professionnels qui se profile – et qui, dans plusieurs régions du Nouveau-Brunswick est déjà une réalité – nous oblige à imaginer des solutions nouvelles. Grâce à la technologie, au lieu de limiter une consultation à deux heures tous les mois, on peut par exemple l’orienter vers des applications de relaxation, de monitorage du comportement, ou d’activités thérapeutiques bénéfiques ; cela permet d’étendre davantage la portée de l’intervention et ainsi de réduire la durée de la thérapie. Nous allons aussi être amenés à développer des thérapies plus brèves, en nous appuyant sur de nouvelles méthodes de travail qui permettent de cerner plus rapidement les problématiques, et les amener plus vite et tout aussi efficacement à leur résolution.



(1) Le travail d’un psychologue clinique au sein d’une unité d’oncologie peut consister, par exemple, à aider un patient et/ou sa famille à mieux transiger avec la maladie, et à fournir un accompagnement ou un soutien important.