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Ils portent secours aux accidentés de la vie, soutiennent les personnes vivant avec un trouble de santé mentale, aident les aînés, accompagnent les processus d’adoption… Souvent dans l’ombre, les professionnels du travail social n’en brillent pas moins par leur engagement auprès des autres. Une profession « passion », aux compétences de plus en plus recherchées, et pour laquelle il est possible de se former en français au Nouveau-Brunswick. Rencontre avec Marie-Pier Rivest, professeure à l’École de travail social à l’Université de Moncton.



Le travail social est-il un domaine créateur d’emplois?

Dans ce secteur, ce ne sont pas les emplois qui manquent! Les besoins en recrutement devraient même augmenter au Nouveau-Brunswick dans les années à venir, en conséquence des nombreux départs à la retraite annoncés de travailleuses sociales et travailleurs sociaux.

Quelles sont les spécialités les plus recherchées?

Dans la province, les besoins les plus importants se concentrent surtout autour de l’accompagnement des aînés, et dans le domaine de la santé mentale des enfants.

Selon vous, comment la profession va-t-elle évoluer?

Je suis convaincue que le travail social va jouer un rôle de plus en plus important dans la société. Dans un monde où les inégalités ne cessent d’augmenter, les travailleuses sociales et les travailleurs sociaux vont donc être amenés à aider des personnes marginalisées et vulnérables à composer avec des situations de plus en plus difficiles, que ce soit le chômage, la pauvreté…  La profession sera aussi de plus en plus impliquée dans l’accompagnement de populations victimes de bouleversements géopolitiques, et même climatiques…

Comment devient-on un professionnel du travail social?

On peut obtenir un baccalauréat en travail social au terme de 5 années d’études. Il est ensuite possible de poursuivre vers une maîtrise, puis un doctorat. Les deux premières années menant au baccalauréat sont des années préparatoires. Celles-ci comprennent deux cours obligatoires : « Introduction au travail social » en première année, et le cours de « fondements théoriques » en deuxième année. Ces deux années préparatoires permettent aux étudiants de se forger une bonne culture générale, et de suivre des cours connexes au travail social ; arrivés en troisième année, ils sont vraiment prêts à développer leurs compétences professionnelles en travail social.

Qu’apprend-on durant le baccalauréat en travail social?

Les étudiants suivent différents types de cours : des cours sur l’État et la politique sociale, qui leur permettent de mieux comprendre le contexte social dans lequel ils seront amenés à œuvrer, des cours sur l’éthique dont ils devront faire preuve dans l’exercice de leur fonction, des cours sur la recherche en travail social, des cours sur la communication familiale… Ils apprennent aussi comment agir selon les trois grands champs d’intervention : le travail social sur une base individuelle, auprès des groupes et le travail social collectif. À la fin de leur baccalauréat, les étudiants doivent réaliser un mémoire : ils approfondissent un sujet qui les intéressent en développant leurs propres recherches.

Les étudiants ont-ils la possibilité de développer leurs compétences en stage durant leur baccalauréat?

Bien sûr : les stages font partie intégrante du baccalauréat en travail social! Les étudiants mettent ainsi en pratique ce qu’ils ont appris en cours, et apprennent à travailler en équipe sur le terrain avec d’autres professionnels. Leur premier stage a lieu durant leur troisième année (après les deux années préparatoires) : deux semaines à temps complet, puis trois jours par semaine durant 13 semaines.

Le deuxième stage est organisé en dernière année du baccalauréat : les étudiants sont plongés dans leur milieu de stage cinq jours par semaine pendant 15 semaines. Ils passent donc davantage de temps sur le terrain et sont amenés à prendre plus de responsabilités.

Où peuvent-ils effectuer leurs stages?

Généralement, le premier stage offre la possibilité aux étudiants de partager le quotidien d’équipes venant en aide à différentes populations, dans le milieu hospitalier par exemple, dans le milieu scolaire ou encore le milieu communautaire. Durant leur second stage, les étudiants ont aussi la possibilité de faire de la recherche, ou même de développer leurs compétences dans un autre pays. Certains de nos étudiants ont ainsi eu l’opportunité de travailler en Belgique, en Tunisie, au Maroc…

Comment trouve-t-on un stage en travail social?

À l’École de travail social, nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur deux coordinatrices des stages. Elles ont pour mission d’accompagner les étudiants vers les milieux où ils pourront développer leurs compétences en regard de leurs projets professionnels.

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants pour qu’ils réussissent leurs études?

Je conseille à tous de s’impliquer dans la vie étudiante! L’École de travail social compte plusieurs comités, qui offrent aux étudiants d’intéressantes opportunités de bénévolat : autant d’occasions de développer encore ses compétences autour de projets vraiment inspirants!  

LA MINUTE DE MARIE-PIER

Sa situation professionnelle actuelle : Professeure à l’École de travail social – Université de Moncton.

Son parcours : Marie-Pier est titulaire d’un baccalauréat, d’une maîtrise et d’un doctorat en travail social. Pendant ses années universitaires, Marie-Pier a travaillé pour différents organismes de logement venant en aide à des personnes vivant avec un trouble de santé mentale. Un engagement qu’elle poursuit aujourd’hui, en parallèle de ses activités d’enseignement et de recherche. 

Ce qui lui a donné le goût d’étudier en travail social : Adolescente, Marie-Pier s’impliquait déjà beaucoup auprès de sa communauté à titre bénévole. Pour ses amis, elle était la confidente, celle auprès de qui on venait chercher naturellement conseil. Pour toutes ces raisons, et encouragée par l’un de ses mentors, elle s’est inscrite à l’Université, en travail social, et a développé un vif intérêt pour cette discipline, en particulier pour son volet recherche.