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Suzanne Dupuis-Blanchard, titulaire de la Chaire de recherche en santé CNFS – Université de Moncton :

« Le bien-vieillir à domicile, une solution santé, génératrice d’emplois d’avenir ! »


En 2026, 22% des habitants du Nouveau-Brunswick auront plus de 65 ans. Pour Suzanne Dupuis-Blanchard, titulaire de la Chaire de recherche en santé CNFS – Université de Moncton, il y a urgence à développer des solutions de maintien à domicile. Comment les travaux de la Chaire font-ils progresser l’innovation dans ce domaine ? Quels besoins en recrutement le bien-vieillir à domicile pourrait-il générer dans la province ? Rencontre.

6 h 30 – Des antennes partout au Canada
Pour Suzanne, c’est devenu un rituel : commencer sa journée par la lecture de courriels en provenance des quatre coins du Canada ! Elle explique : « Au sein de la Chaire de recherche en santé CNFS – Université de Moncton, nous avons à cœur d’inspirer par nos recherches le développement de solutions concrètes en faveur du maintien à domicile des aînés, un sujet qui concerne de très nombreux chercheurs au niveau national ! »
Le partage de bonnes pratiques est primordial, selon elle, face aux enjeux liés au vieillissement de la population : « Dans moins de 7 ans, près d’un quart des Néo-Brunswickois aura plus de 65 ans. Ils voudront pouvoir vieillir dans de bonnes conditions, et si possible rester le plus longtemps possible chez eux, là où ils ont leurs repères. À ce titre, ils devront pouvoir bénéficier de services et de soins de qualité à domicile, et – permettez-moi d’ajouter - en français si c’est leur langue maternelle. La liste de nos projets n’en finit pas de s’allonger ! » Suzanne ne croit pas si bien dire…

9 h - Danica, assistante de recherche, crée la surprise
Elle est à son bureau depuis une bonne demi-heure quand trois coups retentissent à la porte. Apparaît le visage rayonnant de Danica, assistante de recherche. Passionnée par le sujet du maintien à domicile depuis son stage à la Chaire l’été dernier, alors qu’elle terminait sa maîtrise en psychologie, Danica a souhaité poursuivre dans ce domaine, et elle a eu une idée : « J’aimerais comprendre ce qui pousse aujourd’hui les aînés à déménager en foyer de soins spéciaux (niveaux 1 et 2). Voilà mon projet de recherche : aller à la rencontre des personnes âgées qui vivent aujourd’hui en résidence spécialisée, et leur demander pourquoi elles ont choisi de quitter leur domicile ».
Suzanne sourit : pour Danica, c’est gagné ! La Chaire soutiendra ses travaux ! « Les besoins en connaissances sont tellement importants pour améliorer les conditions de vieillissement des populations que, lorsque nous pouvons embaucher des étudiants pour nous aider, nous le faisons ! Nous embauchons d’autant plus volontiers, lorsque des projets aussi brillants que celui-ci nous sont soumis par les étudiants eux-mêmes ! »


10 h – Supervision de thèses
En parallèle de ses activités de recherche, Suzanne est professeure titulaire à l’École de science infirmière, à la Faculté des sciences de la santé et des services communautaires de l’Université de Moncton. À ce titre, elle supervise les thèses d’étudiants en maîtrise. « Je consacre toutes les semaines quelques heures à la lecture de leurs travaux. C’est éclairant, et enthousiasmant de voir à quel point nos étudiants sont passionnés par la santé de l’humain ! Notre avenir en santé est entre de bonnes mains… même s’il faudrait que celles-ci soient plus nombreuses pour que nos services de santé puissent sereinement faire face aux besoins grandissants qui se profilent… ».

13 h - Préparation d’outils supports pour les conseillers en orientation
Une chance : la Conférence annuelle des conseillers d’orientation aura lieu cette année en mai à Moncton. Un événement que Suzanne et Danielle, étudiante-chercheur, préparent activement. Objectif : informer ces professionnels pour qu’ils puissent en retour répondre à toutes les questions des jeunes sur les perspectives d’emploi en science infirmière, gestion des services de santé, nutrition, psychologie, travail social, toxicomanies et surtout en vieillissement.
« Nous profiterons de l’occasion pour les informer aussi des enjeux liés à la prestation des services en français, des débouchés que cela ouvre, et des outils offerts aux jeunes pour qu’ils puissent exercer leur profession auprès des populations francophones vieillissantes vivant en contexte minoritaire », précise Suzanne.

15 h - Développer des foyers de soins… sans mur !
Le téléphone sonne. Au bout du fil, le gestionnaire d’une résidence pour personnes âgées, intéressé par un projet de foyers de soins sans mur étudié à la Chaire. Suzanne explique : « Le Nouveau-Brunswick compte aujourd’hui 67 foyers de soins. Nous aimerions les accompagner dans le développement d’une offre à domicile. Une idée consisterait à faire de chacun d’eux une Centrale du vieillissement de leur communauté : différentes prestations pourraient être proposées aux aînés qui auront choisi de vieillir chez eux. De nombreux domaines sont concernés – le transport, les soins infirmiers à domicile, la préparation et la livraison de repas… -, avec en filigrane des créations d’emploi ! »
Ce projet, encore en phase exploratoire, a notamment reçu un prix d’innovation en recherche, et « commence à générer une émulation intéressante, avec déjà le soutien affiché de 7 foyers de soins en milieu rural ».

16 h - Téléconférence : « Le cohabitat, une solution adaptée au maintien à domicile… »
Sur l’écran de Suzanne s’affichent les visages de deux de ses collègues chercheurs, spécialistes du cohabitat, l’un officiant sur l’Île-du-Prince-Édouard, et l’autre en Nouvelle-Écosse. « Nous sommes convaincus que ce système, encore peu connu dans l’est du Canada, gagnerait à être développé dans les provinces atlantiques, en particulier pour les aînés. Avec Catherine, une stagiaire postdoctorante actuellement avec la Chaire, qui a une grande expertise du sujet pour l’avoir étudié à Vancouver, nous sommes actuellement en train d’écrire un article sur ce thème, étape indispensable pour espérer obtenir le financement nécessaire à la poursuite de nos travaux ! », explique Suzanne.

17 h – Derniers préparatifs pour Fredericton
Demain, Suzanne a rendez-vous avec les équipes des ministères de la Santé et du Développement social pour leur présenter les derniers travaux de la Chaire. En rangeant ses dossiers dans sa sacoche, elle pense à la journée qui vient de s’écouler, et aux solutions qui auraient besoin d’être développées en réponse aux enjeux du maintien à domicile. Oh oui, elle aura de quoi proposer !...

Suzanne DUPUIS-BLANCHARD, un parcours inspirant en 7 dates clés :
  • 1991 : Obtention d’un baccalauréat en science infirmière à l’Université de Moncton ; premier emploi en santé communautaire, auprès d’une population vieillissante en Ontario (poste qu’elle occupera pendant 3 ans)
  • 1994 : Retour au Nouveau-Brunswick - Superviseure de stages en santé communautaire à l’École de science infirmière de l’Université de Moncton
  • 1997 – 2001 : Maîtrise en science infirmière, à l’Université du NB (Fredericton), cours du soir en parallèle d’une carrière d’enseignante clinique. Elle choisit le vieillissement comme sujet de thèse, sujet dont elle poursuivra l’étude en doctorat.
  • 2003 – 2007 : Doctorat en science infirmière à l’Université d’Alberta, avec le soutien d’une bourse du CNFS – Volet Université de Moncton
  • 2007 : Suzanne est choisie pour faire renaître le Centre d’études du vieillissement, à l’Université de Moncton, à titre de directrice.
  • Avril 2014 : Nomination à la tête de la Chaire de recherche en santé CNFS – Université de Moncton sur le vieillissement des populations.
  • Janvier 2019 : Suzanne est promue professeure titulaire à l’École de science infirmière à la Faculté des sciences de la santé et des services communautaires de l’Université de Moncton.

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Suzanne Dupuis-Blanchard : « Les aînés doivent pouvoir bénéficier de services et de soins de qualité à domicile »