
Je m’appelle D’almeida Florent, étudiant de 2e année en nutrition et sciences des aliments à l’Université de Moncton. Dans ce billet, je souhaite partager mon expérience d’adaptation à la vie au Canada, en passant par les défis, les moments de doute, mais aussi les apprentissages et les réussites qui ont marqué mon parcours.
Arrivé au Canada en 2024 en tant qu’étudiant international, j’avais auparavant un style de vie plutôt sain : une alimentation équilibrée, composée de produits frais issus de la terre et des fermes, ainsi qu’une activité physique régulière. Mon premier défi a été d’adapter mon pouvoir d’achat à mes habitudes alimentaires. Cela s’est révélé plus compliqué que prévu, car ici, on ne retrouve pas forcément les aliments auxquels j’étais habitué dans mon pays.
Une période difficile
Cette situation m’a poussé à faire de mauvais choix alimentaires : consommation excessive de fast-food, d’aliments en conserve, beaucoup de féculents comme le pain, et surtout très peu de fruits. À cela se sont ajoutés la pression des cours, la recherche d’un emploi, le fait d’être loin de ma famille, de mon pays et surtout l’adaptation au froid.
Tout cela produisait beaucoup de stress pour moi. Et pour une personne qui, de base, n’est pas très extravertie, il a été naturel de me renfermer… parfois même de sombrer dans une forme de déprime. J’ai alors abandonné mes habitudes sportives. Je n’avais plus envie de sortir de chez moi, ni l’énergie pour socialiser. Fort heureusement, malgré cette période difficile, j’ai réussi à maintenir de bons résultats académiques, mais quelque chose devait changer.
Un déclic nécessaire
J’ai continué ainsi pendant de longs mois, jusqu’au jour où je me suis rendu compte que mon corps était à bout : cette sensation de ne plus être la même personne, de ne plus se sentir propriétaire de son propre corps. J'ai alors repris le sport, et je me suis senti de nouveau vivant.
Redécouvrir l’alimentation
En effectuant des recherches, je me suis rendu compte que mon alimentation n’était pas du tout adaptée et qu’il fallait sérieusement la revoir. Changer mes habitudes alimentaires devenait ainsi une priorité. Heureusement, j’étais dans le bon programme d’études pour faire des choix éclairés! En évoluant dans mon programme avec mes professeurs, j’ai découvert une multitude d’aliments, de fruits et de légumes que je ne connaissais pas auparavant. J’y ai goûté, nous avons cuisiné des dizaines de recettes en laboratoire, et nous avons appris à adapter notre budget à une bonne alimentation, tout en satisfaisant au mieux nos besoins physiologiques.
Un nouvel équilibre
Et vous savez quoi? Aujourd'hui, dans les rayons, je sais lire la table nutritionnelle des aliments que je consomme. Je sais planifier efficacement les repas de ma semaine. Je peux même affirmer que je maîtrise de nombreuses recettes canadiennes et ma préférée est celle de la « morue aux légumes, à l’acadienne ».
Le résultat? J’ai retrouvé mon énergie et mon envie de connaitre les gens autour de moi. Et pour moi, ce fut un apprentissage de vie important. Au final, la santé n’est sans doute pas seulement l’absence de maladie : elle commence par une alimentation saine, combinée à une activité physique régulière et un bon réseau social.
En terminant, si j’avais un conseil à donner aux personnes étudiantes qui viennent d’ailleurs, ce serait celui-ci : faites preuve de patience et de bienveillance envers vous-même. L’adaptation ne se fait ni en une semaine ni en un mois. Elle prend du temps et les défis font partie du cheminement. N’hésitez pas à demander de l’aide, à utiliser les ressources disponibles et à prendre soin de votre corps autant que de votre esprit. Chaque petit pas compte.